ART | EXPO

Rock Garden

06 Jan - 17 Fév 2018
Vernissage le 06 Jan 2018

L’exposition « Rock Garden » à la galerie Semiose, à Paris, propose un dialogue entre les sculptures et dessins de Piero Gilardi, les œuvres protéiformes de Salvatore Arancio et les performances d'Abraham Poincheval autour de la notion d'hybridation et d'une approche systémique du monde.

L’exposition « Rock Garden » à la galerie Semiose réunit les œuvres de trois artistes reliés par un intérêt commun pour la transformation, l’hybridation et une vision systémique du monde : Salvatore Arancio, Piero Gilardi et Abraham Poincheval.

« Rock Garden », une exposition placée sous le signe de l’hybridation

Déjouant toutes les catégories traditionnellement établies, les sculptures et dessins de Piero Gilardi, les performances d’Abraham Poincheval et les œuvres entre photogravure, collage, sculpture et vidéo de Salvatore Arancio répondent à une conception holistique de la vie dans laquelle tous les éléments sont reliés par des réseaux et interdépendants les uns des autres. Ces œuvres adoptent donc des formes hybrides, croisent humain et non-humain, naturel et artificiel, science et mysticisme, portées par l’attrait du « devenir autre ».

Cofondateur du mouvement de l’arte povera, Piero Gilardi imagine à travers ses réalisations une nature artificielle, dans laquelle s’inscrit constamment la culture. Les œuvres comme Grigio et Rocce, créées en 1994, sont des imitations de pierres en mousse de polyuréthane peinte ; celle intitulée Poiesis, de 2004, est un arbre sculpté dans la même matière. Plus loin, des dessins intitulés Latte et Talucco, réalisés au feutre et crayons de couleur sur papier, représentent des paysages naturels bucoliques dans des teintes acides, comme si arbres, roches et rivières avaient été contaminées par des substances hallucinogènes. Ces croisements entre l’organique et l’industriel relèvent moins d’une évocation pessimiste que d’une approche post-humaniste fondée sur l’hybridation de tous les phénomènes.

Salvatore Arancio, Piero Gilardi et Abraham Poincheval, trois artistes adeptes d’une vision systémique du monde

La démarche de Salvatore Arancio rejoint celle de Piero Gilardi, comme en témoignent ses sculptures en céramique, où des pièces émaillées aux douces couleurs pastel, dont la brillance est accentuée par de la résine epoxy, émergent de blocs noirs non dégrossis semblables à des pierres de lave. Ces œuvres, inspirées par des grottes renfermant des cristaux géants au Mexique et par des arbres qui ont été recouverts par une coulée de lave au XVIIe siècle dans les îes d’Hawa, évoquent une fusion et une transmutation alchimique des éléments.

Le désir de transformation prend chez Abraham Poincheval la forme de performances dont témoignent des sculptures et des photographies. La pièce intitulée Pierre garde la trace d’une performance réalisée en 2017, lorsque l’artiste s’est enfermé dans cette pierre calcaire dont l’intérieur était creusé selon ses formes, afin de vivre à la vitesse du minéral. Les photographies de la série Gyrovague illustrent la performance Gyrovague, le voyage invisible entreprise en 2011 par Abraham Poincheval et consistant à parcourir trois cents kilomètres dans un cylindre métallique depuis lequel il captait les images des paysages traversés, à la manière d’une expédition spatiale à bord d’un engin extraterrestre.